Combattants du Mellois




(combattantsdumellois.fr)



25/07/2013

GOURNAY

Les Fusillés du Bois de Lebrault






EN CES LIEUX

LE 25 JUILLET 1943

FURENT FUSILLES

DU ROSIER RAYMOND 24 NS

ET

JOURDAIN LOUIS 20 ANS

RESISTANTS MORTS POUR LA FRANCE

ET NOTRE LIBERTE



N'oublions jamais

ce 25 juillet 1943

où deux jeunes résistants

ont sauvagement été

mitraillés dans un guet opens

perpétré

par une groupe de policiers

français

asservis aux occupants

de notre patrie

en ces sombres années

1940-1944 ...

Une cérémonie a eu lieu le jeudi 25 juillet 2013 à l'occasion du 70° anniversaire de cette tragique fusillade








24/07/2012






23/07/2013


27/07/2013




29/07/2014

Raymond DU ROSIER

né le 04/04/1919 à SOUCHE (79)

DCD le 25/07/1943 à GOURAY (79)

enterré au cimetière des Sabliières à NIORT (79)








Louis JOURDAIN

né vers 1923 dans les Ardennes

DCD le 25/07/1943 à GOURAY (79)

enterré à SEDAN (07)







Cérémonie du 25 juillet 2016



Ci-dessous,le discours lu par Claude GADIOUX président de l'ANCR de SAUZE VAUSSAIS lors de cette cérémonie du 25/07/2016

DISCOURS GOURNAY 2016


Mesdames, messieurs les élus

Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants

Messieurs les portes drapeaux

Mesdames , messieurs, chers amis




En célébrant le souvenir tragique de cette journée du 25 juillet 1943,

dans ce lieu symbolique, ce lieu chargé d'émotions, l'association des anciens combattants

et amis de la résistance de Sauzé Vaussais attache une importance particulière à cette

participation commémorative.

Participation avec la municipalité de Gournay Loizé, de son maire Mr BURGAULT,

et de Mr PETRAULT, habitant cette même commune, et qui furent tous les deux

par le passé des éléments moteurs, pour que soit mis en place cette stèle, ayant pour but

de vaincre l'oubli , et de figer dans l'histoire locale cet événement douloureux.


Il en va de notre devoir à tous, de célébrer ici un esprit, celui qui doit nous animer

à chaque instant, l'esprit de grandeur, l'esprit de résistance, l'esprit qui animait

tout simplement la personnalité de Mr Raymond DUROSIER et de Mr Louis JOURDAIN.

Abattu sauvagement à cette endroit même, par la police collaboratrice Française

de l'époque, voilà maintenant 73 ans.

Ils avaient respectivement 24 ans et 20 ans.

Qui étaient-ils??

En tout état de cause, du peuple ,ils étaient issus...

Raymond DUROSIER, son frère Emmanuel, militants communistes, ne pouvant accepter

l'occupation nazie, avec ses contraintes, ses privations, entre très rapidement en résistance.

Dans un premier temps, ils participent à la distribution de tracts subversifs,

et du journal l'Humanité alors interdit.

Surveillés par la police Française, ils échappent de justesse à plusieurs tentatives d'arrestations

C'est la clandestinité...


Cachés dans le Marais, Raymond rencontre le résistant Eugène BARREAU

fils de Izilda BARREAU, résistante décédée sous la torture, à la prison de la Pierre Levée

de Poitiers, grand mère également de Anne ici présente, fidèle de nos cérémonies .

Il va rencontrer également Jean BERNIER, Stephan KUCHARIK, Louis JOURDAIN

réfugié des Ardennes avec sa famille, et avec qui, il va faire équipe jusqu'au moment fatal,

ainsi que d'autre responsables résistants, qui sous l'impulsion de Henry Rol TANGUY

responsable FTP ,de la région Poitou-Anjou, vont fédérer ,

les réseaux de résistance du sud Deux Sèvres.


Les actions sont téméraires, audacieuses et dangereuses, ils participent au cambriolage

de la mairie de Biard, de Vouillé, s’emparent de tickets d'alimentation,

de fausses cartes d'identités, nécessaires aux clandestins.


Ils participent également à la destruction du poste d'alimentation

de Saint Martin du Fouilloux , aux incendies des parcs à fourrages de Beauvoire sur Niort,

et de Brioux sur Boutonne.

Le seul but, étant bien sûr de désorganiser l'occupant...


Le 20 juillet 1943, hélas, un de leur camarade, Stéphan KUCHARICK, est arrêté

par les gendarmes de la Mothe Saint Héray.


Dénoncé par un commerçant de Pamproux, il et remis à la funeste SAP de Poitiers.

(Service des affaires politiques) dirigée par le commissaire ROUSSELET

Ce dernier l'interroge violemment, et le torture.

Vraisemblablement, les conséquences des aveux obtenus auprès de ce malheureux

sont tragiques, les policiers sont en possession de tous les détails sur le fonctionnement

du réseau de résistance, et le 25 juillet suivant, une rencontre, prévue avec

un certain <Anselme>, Jean BERNIER, qui doit avoir lieu à Gournay à hauteur

des bois de la Chevrelière. Raymond et Louis s'y rendent à bicyclette.


Le piège est tendu, cinq inspecteurs du commissaire Rousselet, ainsi qu'un policier

Allemand sont embusqués. L'un d'eux simulant l'action d'un cantonnier avec son râteau

bouscule au passage Louis JOUDAIN qui tombe à terre.

Armé d'un pistolet il dégaine, mais une rafale de mitraillette le clou sur place.

Raymond Durosier, qui cherche à s'enfuir, subit le même sort,

touché par 24 impacts de balles.


Jean BERNIER est arrêté le matin même à Mairé Levescault,

et avec Stéphan KUCHARICK

ils tomberont sous les balles du peloton d’exécution à Biard.

L'organisation de résistance communiste est décimée...


Il reste Jeanne, sœur de Raymond, elle aussi , engagée dans l'action de résistance,

elle est arrêtée par la police politique , et embarquée à la prison de la Pierre Levée

C'est la descente au cachot, subissant les pires sévices.

L'ignominie est sans limites, un des policier ayant participé à l'assassinat de Gournay

montrera à Jeanne la chemise de Raymond trouée de balles..


De cet enfer, Jeanne a survécu, telle une Louise Michel. Elle fut remise en liberté

provisoire surveillée, et pu reprendre peu à peu la vie de tous les jours.

Jeanne nous a quittée l'année dernière, nous lui souhaitons un paisible repos..


Ils sont tombés, les coups de feu entendus jusqu'au bourg de Gournay

glace le sang des habitants, et par peur de représailles, chacun, rentre un peu plus les

épaules et continuent de vaquer à ses occupations


Un vent amer continue de souffler sur les corps sans vie. La presse collaboratrice

<Ouest Eclair> ne fait pas dans la nuance, et titre, (Le bandit DUROSIER a fini de nuire)

et l'action policière s'en trouve grandie..


Mais le vent tourne...


Le combat résistant dans lequel s'étaient engagés Raymond et Louis, gagne du terrain,

et participent avec l'aide des alliés à la libération du pays.

Le 8 mai 1945, l'armée Allemande capitule, et l'histoire peu à peu remet les événements

qui la constitue à leur juste place. Certains maîtres d'hier ne sont plus que valets,

la justice républicaine reprend ses droits..


Après la libération, les membres de la SAP sont activement recherchés.

Une douzaine d'entre eux sont arrêtés, et jugés par la cour de justice de Poitiers.

Sept sont condamnés à mort, et fusillés à Biard, dont l'ignoble commissaire Rousselet.






Depuis, 73 années se sont écoulées, emportant avec elle les plus fortes émotions.

C'est pourquoi, mesdames et messieurs, réunis ensembles devant cette stèle,

nous voulons manifester, que cette journée appartienne à l'histoire, à notre histoire

Mais aussi qu'elle soit un guide pour le temps présent, et un appel pour l'avenir...


Aujourd'hui encore, le refus de l'autre, le racisme, l'antisémitisme, et l’égoïsme frénétique

d'une minorité possédante, nourrit toujours le ventre, d’où sortit la bête immonde.

Face au voile de l'intolérance barbare, ou à la résurgence de la peste brune,

offrons à la jeunesse une autre alternative.


Soyons VIGILANTS Soyons RESISTANTS





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